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Comment lire un audiogramme : guide pour les patients

Apprenez à lire votre audiogramme facilement : fréquences, décibels, symboles et types de surdité expliqués par nos audioprothésistes à Paris.

Audioprothésiste expliquant un audiogramme tonal à un patient senior à Paris - centre Kesako
Temps de lecture
5 min
Dernière modification
May
2026
Auteur de l'article
AUDIOPROTHÉSISTE DIPLÔMÉ KESAKO

Comment lire un audiogramme : guide pour les patients

Vous venez de passer un bilan auditif et votre audioprothésiste vous remet une feuille couverte de courbes et de symboles ? Pas de panique. Savoir lire un audiogramme n'est pas réservé aux professionnels de santé. Ce document, remis après chaque test d'audition, est une véritable carte de votre capital auditif. Il permet de mesurer précisément votre seuil d'audition pour chaque fréquence sonore, de déterminer la nature d'une éventuelle perte auditive, et de définir le meilleur appareillage possible. Dans ce guide rédigé par nos audioprothésistes à Paris, nous vous expliquons comment interpréter les données clés de votre audiogramme, sans jargon technique. Comprendre ce document, c'est aussi reprendre la main sur votre propre santé auditive.

Comprendre les axes pour lire un audiogramme tonal

L'audiogramme tonal est le résultat du test auditif standard réalisé en cabine insonorisée. Il se présente sous forme de graphique avec deux axes principaux et des symboles spécifiques à chaque oreille.

L'axe horizontal (les abscisses) représente les fréquences sonores, exprimées en Hertz (Hz). On lit de gauche à droite, des sons graves (250 Hz, comme un moteur de voiture) aux sons aigus (8 000 Hz, comme un sifflement). La zone de compréhension de la parole se situe principalement entre 500 et 4 000 Hz : c'est la plage la plus importante au quotidien pour suivre une conversation, comprendre les consonnes ou entendre clairement à la radio.

L'axe vertical (les ordonnées) mesure l'intensité sonore, exprimée en décibels (dB HL). Attention : contrairement à ce que l'on pourrait attendre, l'axe va du haut (0 dB) vers le bas (120 dB). Plus la courbe descend sur le graphique, plus la perte auditive est sévère. Un seuil entre 0 et 20 dB est considéré normal ; entre 21 et 40 dB, on parle de perte légère ; entre 41 et 70 dB, de perte modérée ; au-delà, de perte sévère ou profonde

Chaque point de la courbe correspond au seuil minimum d'audition pour une fréquence donnée, c'est-à-dire le son le plus faible que vous avez réussi à percevoir lors du test. Un seuil à 15 dB signifie que votre oreille perçoit même les chuchotements discrets ; un seuil à 60 dB indique que vous n'entendez qu'à partir d'une voix forte

Pour savoir si votre profil auditif justifie un appareillage, consultez notre article sur la surdité légère et la question de l'appareil auditif. Et si vous n'avez pas encore passé de bilan, découvrez les 5 signes qui indiquent que vous avez besoin d'un bilan auditif.

Conduction aérienne, conduction osseuse et profils de surdité à connaître

Un audiogramme bien interprété ne se limite pas à lire la courbe. La comparaison entre conduction aérienne et conduction osseuse est essentielle pour identifier la nature de la perte auditive.

Si les deux courbes se superposent et sont toutes deux abaissées, il s'agit d'une surdité de perception (ou neurosensorielle). Elle touche la cochlée ou le nerf auditif et est souvent liée au vieillissement (presbyacousie), à une exposition prolongée au bruit ou à certaines maladies. C'est la forme de perte auditive la plus fréquente après 50 ans.

Si la courbe de conduction osseuse est normale mais que celle de conduction aérienne est abaissée, il s'agit d'une surdité de transmission. Elle signale un obstacle mécanique dans l'oreille externe ou moyenne : bouchon de cérumen, otite chronique, perforation du tympan. Ce type de surdité est souvent traitable médicalement avant tout appareillage.

Si les deux courbes sont abaissées mais ne se superposent pas, on parle de surdité mixte, combinant les deux mécanismes. Elle nécessite une prise en charge coordonnée entre l'ORL et l'audioprothésiste.

La banane de la parole est un repère précieux que certains audioprothésistes tracent sur l'audiogramme. Elle représente la zone fréquence/intensité dans laquelle se situent la plupart des sons de la langue française courante : voyelles, consonnes, bruits fricatifs. Si votre courbe d'audition sort régulièrement de cette zone, vous manquez des informations essentielles lors des conversations, même en face-à-face.

Certains profils d'audiogramme sont caractéristiques de pathologies spécifiques. Une encoche à 4 000 Hz est le signe classique d'un traumatisme sonore : exposition prolongée au bruit en milieu professionnel ou lors de concerts. Une asymétrie marquée entre les deux oreilles doit orienter vers un bilan ORL complémentaire. Des baisses prononcées dans les fréquences graves peuvent évoquer une maladie de Ménière : notre article sur la prise en charge audioprothétique de la maladie de Ménière détaille ce profil particulier et ses implications.

L'audiométrie vocale vient compléter l'audiogramme tonal en testant votre capacité à répéter des mots à différentes intensités. Ce test reflète mieux les difficultés réelles de compréhension dans la vie quotidienne, notamment en milieu bruyant. Un score vocal faible malgré des seuils tonals acceptables indique souvent un problème de traitement central du son, plus fréquent avec l'âge ou certaines pathologies.

Questions fréquentes

Un audiogramme normal signifie-t-il qu'on entend parfaitement ?
Pas nécessairement. Un audiogramme tonal peut être normal même si vous avez des difficultés de compréhension dans le bruit. Certaines pathologies n'apparaissent pas sur ce test standard. Un bilan complet inclut aussi l'audiométrie vocale et d'autres mesures complémentaires.

À partir de quel seuil en dB faut-il envisager un appareil auditif ?
Une perte comprise entre 30 et 40 dB sur les fréquences de la parole est généralement le seuil à partir duquel un appareillage devient bénéfique. Mais l'impact sur la vie quotidienne est toujours pris en compte, indépendamment du chiffre brut.

Peut-on lire son audiogramme soi-même sans aide professionnelle ?
Vous pouvez en comprendre les grandes lignes avec ce guide, mais l'interprétation fine nécessite un audioprothésiste ou un ORL. La topographie de la perte, l'asymétrie entre les deux oreilles et les résultats vocaux doivent être analysés ensemble pour orienter la prise en charge.

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Rédigé par un Audioprothésiste Diplômé / Centre Kesako, Paris

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